EAPS/BPSA/SFPS 2021
4TH CONFERENCE
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Aux frontières du phénomène sportif :

Des temps de Métamorphoses et  des espaces de Résonances

 G. Lecocq, B. Andrieu, M. Agostinucci, D. Lorenté

De la même façon que les Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo, le congrès de Paris de l’European Association of Sport Philosophy, organisé par la Société Francophone de Philosophie du Sport, a été annulée en 2020 pour voir le jour en 2021, du 26 au 27 avril 2021, sous une forme inédite. Une nouvelle façon d’être-ensemble convoque ainsi à Paris la philosophie européenne au chevet d’une pandémie interculturelle qui redessine les frontères qui s’établissent entre le vivant et la mort, la désespérance et l’optimisme, le normal et la déviance. Entre les métamorphoses des temps consacrés au vivre-ensemble et les résonances dysharmoniques des lieux de vie, le moment semble opportun pour conjuguer les travaux internationaux et francophones à propos des pratiques corporelles et sportives qui s’inscrivent comme des activités non médicamenteuses favorisant l’émergence de nouvelles formes de médiations sociales.

Les développements du sport-santé, du slow-sport, et du sport-durable offrent ainsi aux chercheurs et chercheuses en philosophie et en sciences humaines et sociales l’opportunité de développer les nouveaux modèles de l’écologie corporelle, de l’activité physique adaptée, de l’éthique sportive, de l’altérité culturelle et de la quête du mieux-être. Ces nouveaux modèles témoignent en effet, en temps de crise, des contradictions qui parcourent une société dans son ensemble. Le corps devient alors une caisse de résonance par rapport à ce qui se vit autour de lui, lorsqu’un sentiment de toute-puissance rencontre une impuissance à agir. L’homo-sportivus, l’homo-fractalis, l’homo-universalis et l’homo-sacer deviennent quatre repères phénoménologiques à partir desquels deux réalités existentielles se révèlent: la vulnérabilité de l’homme augmenté et la puissance de l’homme diminué. C’est à la frontière de ces deux réalités que les processus sensoriels, émotionnels et cognitifs constituent le socle de ce qui fonde une écologie corporelle qui s’intéresse à la façon dont une culture permet à un individu d’habiter son corps et d’habiter ses lieux de vie.

En permettant à une personne d’explorer le terreau du corps qu’il habite, le sport devient un bien immatériel de l’humanité dont il convient d’en assurer et d’en assumer l’héritage. Le congrès de Paris de l’European Association of Sport Philosophy, organisé par la Société Francophone de Philosophie du Sport, du 26 au 28 avril 2021, s’inscrit dans une logique de transmission où il s’agit de concevoir l’altérité alternative comme une priorité existentielle en ce moment d’exception que constitue une crise sanitaire à laquelle va succéder un authentique moment de vérité : celui où l’imprévisible ne sera  plus une carence annonçant le dépérissement de l’être, mais une ouverture au renouvellement de son existence. C’est dans cette ouverture à l’indéfini qu’il devient vital d’aimer l’ignorance et d’éprouver la sensation d’être vivant face à la souffrance d’un Monde qui se métamorphose.

 

 

 

 


At the Borders of the Sports Phenomenon :
Times of Metamorphoses and Resonance Spaces

Lecocq, B. Andrieu, M. Agostinucci, D. Lorenté

In the same way as the Tokyo Olympic and Paralympic Games, the Paris Congress of the European Association of Sport Philosophy, organized by the French Society of Sports Philosophy, was cancelled in 2020 and will be held in 2021, from 26 to 27 April 2021, in a new form. A new way of being-together thus summons European philosophy to Paris at the bedside of an intercultural pandemic that redraws the borders that are established between life and death, despair and optimism, normal and deviance. Between the metamorphoses of the time devoted to living together and the disharmonic resonances of places of life, the time seems right to combine international and francophone work on bodily and sports practices that are part of non-drug activities promoting the emergence of new forms of social mediation.

Developments in sport-health, slow-sport, and sustainable sport offer researchers in philosophy and the humanities and social sciences the opportunity to develop new models of body ecology, adapted physical activity, sports ethics, cultural otherness and the quest for wellness. These new models bear witness, in times of crisis, to the contradictions that peruse a society as a whole. The body then becomes a sounding board in relation to what is experienced around it, when a feeling of omnipotence encounters an impotence to act. Homo-sportivus, homo-fractalis, homo-universalis and homo-sacer become four phenomenological landmarks from which two existential realities are revealed: the vulnerability of man increased and the power of man diminished. It is at the frontier of these two realities that sensory, emotional and cognitive processes form the basis of what underlies a bodily ecology that is interested in how a culture allows an individual to inhabit his body and inhabit his places of life.

By allowing a person to explore the soil of the body he inhabits, sport becomes an intangible good of humanity that must be ensured and assumed. The Paris congress of the European Association of Sport Philosophy, organised by the French Society of Sports Philosophy, from 26 to 28 April 2021, is part of a logic of transmission in which it is a question of conceiving alternative otherness as an existential priority at this exceptional moment of health crisis, which will be followed by an authentic moment of truth: one where the unpredictable will no longer be a deficiency announcing the withering of the being, but an opening to the renewal of its existence. It is in this openness to the indefinite world that it becomes vital to appreciate ignorance and to experience the sensation of being alive in the face of the suffering of a world that is metamorphosing.